Alors, et ce Marathon de Paris ? #LaFoule

Si vous vivez dans une grotte, vous avez sûrement loupé le Marathon de Paris dimanche dernier. Et encore votre grotte doit être au fin fond de je ne sais quel trou perdu. Sinon je ne vois pas comment vous auriez pû passer à côté. Mais commençons par le commencement …

Avril 2016, quelques jours après le Marathon, les dossards de la session 2017 sont mis en vente. J’ai eu le mien aux alentours de 9h, parmi les premiers. Et puis après j’ai l’ai oublié dans un coin de ma tête. Il faut dire que chaque année, j’entends parler de la magie du marathon de Paris, à quel point il est grandiose. Je revois même mon petit frère le courir en 3h13 il y a quelques années, un an après celui de New York et j’avoue que j’ai cru tous les gens qui ont parlé de cette magie. Après tout, c’est Paris !
Comme je ne voulais pas courir Paris en guise de tout premier marathon de peur de ne pas être à la hauteur, j’ai couru celui de La Rochelle en novembre dernier et je me suis éclatée (je vous ai d’ailleurs parlé ici, ou encore là). Je me suis donc soigneusement préparée pour Paris dès le mois de janvier comme je l’avais fait pour La Rochelle avec les fractionnés, les sorties longues, etc. Jusque là tout allait bien …

Début mars je commence à avoir une petit douleur dans un genou mais comme elle n’est pas toujours là, je n’y fais pas attention. Début mars encore, je prends le départ du semi-marathon de Paris que je boucle péniblement en 1h45 après que le genou ait rendu l’âme au 19è km. Un mois avant le fameux marathon, je me dis que c’est compromis mais je fais quand même le tour des médecins avec radio, eco, IRM pour être fixée. Inflammation d’un ligament ou blessure communément appelé « TFL » ou syndrome de l’essuie-glace. Bref, rien d’original, la blessure la plus commune chez les coureurs. En bonne maso que je suis, je continue quand même à courir tout en soignant cette blessure. Je ne suis pas sure de prendre le départ mais finalement un rendez-vous chez l’ostéopathe, mon podo et une séance de cryo font que ça va mieux. J’irais finalement voir de quoi il en retourne sur ce fameux marathon.

Après avoir récupéré mon dossard, être passée me faire poser du k-tape sur le genou par mon podo pour aider un peu, le dimanche matin arrive vite et je me retrouve dans le RER A avec Sophie qui court son 1er marathon.

Là encore, le temps passe super vite et je me retrouve rapidement dans mon SAS (3h45) au milieu d’un FOULE impressionnante. Et c’est ce qui va marquer ce marathon : la FOULE. Le départ est rapidement donné et on s’élance au milieu de cette FOULE incroyable. Rapidement, ça se bouscule pour rattraper un meneur d’allure qui était devant, rapidement ça joue des coudes, je manque de tomber à force de me prendre des pieds et des jambes qui essaient de se faufiler au milieu de la FOULE. D’ailleurs, je ne vois rien du parcours au milieu de cette FOULE et je me contente de suivre la fameuse ligne verte quand je la vois, les mouvements de FOULE le reste du temps.
D’ailleurs le 1er ravito au 6è km arrive, il était temps car ça faisait bien 5 minutes que la FOULE répétait sans cesse « P***** il est où le ravito du 5è ? ». Comment décrire ce ravito ? … La FOULE s’est jeté sur les tables pour attraper des bouteilles d’eau, j’ai essayé d’éviter tout le monde le mieux possible pour en attraper une sur la dernière table et j’ai continué ç courir au même rythme.
Le premier semi sera à l’image de ces premiers 5 km : la FOULE partout, les coups de coude, les gens qui essaient de traverser au milieu de coureurs histoire de rajouter encore quelques personnes à cette FOULE (mention spéciale à cette fille qui a traversé en Vélib et qui a chuté juste sur mes tibias …). J’ai donc slalomé plus que je n’ai couru mais j’étais dans mes temps pour mon 3h45. Et puis peu de temps après le ravito du semi, un type essaie de jeter sa bouteille d’eau dans une poubelle sur le bord de la route, se prenant pour Mickael Jordan au sommet de sa gloire. Mais c’était une pâle copie car la bouteille a atterri sur … ma tête. Et c’est là que j’ai été saoulée. Saoulée par cette FOULE, saoulée par ces gens qui ont joué des coudes en permanence, saoulée par les gens qui te poussent pour passer devant toi quand toi tu as passé ton temps à faire des détours pour éviter tout le monde et ne gêner personne, saoulée par ceux qui jettent leur bouteille d’eau sous tes pieds quand ce n’est pas sur ta tête. Alors que j’étais parfaitement dans les temps pour mon 3h45, j’ai eu envie d’en rester là. Et puis je me suis ressaisis et j’ai changé d’objectif : finir tranquillement ce p***** de marathon qui n’avait absolument rien de magique pour ne pas avoir à revenir le terminer une autre fois.

J’ai donc levé le pied et j’ai continué à 9 km/h, j’ai pris le temps d’encourager les gens en difficulté dans la FOULE, j’ai pris le temps de regarder cette FOULE se comporter de manière hyper individualiste, j’ai écouté la FOULE des coachs ou des lièvres engueuler leurs poulains en difficulté (depuis quand on motive les gens en les traitant de « faible » ou « d’incapable » ? j’ai loupé un épisode), j’ai regardé la FOULE des spectateurs qui encourageaient sur le bord de la route, j’ai posé pour Sow Style qui attendait au 23è km tout en courant, j’ai posé pour tous les photographes que j’ai croisé en attendant le 30è km pour voir mon frère, ma belle-sœur et mon neveu.

marathon de paris 2017 requia the sporty family

Je finis d’ailleurs par les croiser, ils m’encouragent, mon frère court un peu à mes côtés, il trouve que je suis super fraîche et en pleine forme (normal, cette FOULE m’a saoulé au point de me faire lever le pied), me demande si je veux de l’eau mais tout va bien. J’avais continué à éviter la FOULE du mieux possible à chaque ravito pour attraper une bouteille d’eau donc j’avais tout ce qu’il me fallait.

Les kilomètres continuent à défiler, la FOULE de gens qui marchent ou qui s’arrêtent en plein milieu de la route s’intensifie. C’est vrai ça, pourquoi la FOULE irait-elle marcher sur les bords alors qu’elle a les routes parisiennes rien que pour elle ?
A chaque passage sous les lances des pompiers, la FOULE joue encore des coudes pour passer juste en dessous tellement il fait chaud tandis que j’évite toute cette eau en contournant la lance à incendie et la FOULE. Cette eau trop froide ne me tente pas du tout, je préfère m’asperger un peu avec la bouteille que j’ai à la main et continuer ma route.

J’ai de plus en plus l’impression d’être en dehors du truc : comme si j’observais toute cette FOULE de coureurs de loin, sans me sentir concernée. Je regarde rapidement autour de moi pour constater qu’on est dans le bois de Boulogne. La fin est bientôt proche. La FOULE est un peu moins dense même si elle est encore importante dans certains virages. Je regarde les marquages au sol pour ne pas voir ces gens mal en point, je m’écarte pour laisser passer les secours quand les sirènes se font entendre, le soleil continue à taper, la FOULE continue à souffrir.

Finalement je passe devant le marquage du 41è kilomètre, la fin est proche. Je me rapproche du bord de la route et je jette ma bouteille dans une poubelle avant d’accélérer sur le dernier km. Je remonte plein de gens, je pique le petit sprint qui me permet de finir quand même ce marathon en 3h58, je me sens hyper fraîche au milieu de cette FOULE, je fais mon habituel V de la victoire aux photographes et c’est fini. Me revoilà encore une fois dans la FOULE qui s’avance pour récupérer un tee-shirt de finisher et une médaille, je jette un coup d’oeil aux ravitos pour y prendre une bouteille d’eau mais là encore ça joue des coudes et je n’ai pas envie de lutter, c’est d’ailleurs un autre finisher qui constate ça et qui me tend la bouteille qu’il venait d’attraper (merci, monsieur !). j’aurais été saoulée par cette FOULE du début à la fin.

marathon de paris finisher requia the sporty family

Si vous me demandez par où est passé ce marathon, je vous répondrais : dans des endroits avec une FOULE de monde. J’ai bien reconnu la rue de Rivoli au milieu de la FOULE, puis Bastille perdue dans cette FOULE, ensuite Vincennes au milieu de la FOULE qui peinait à monter les fameux faux plats, etc.
Le marathon de Paris est censé être magique, mes copines qui disent que je suis une « blasée de la life » doivent avoir raison : je suis passée à côté de cette magie, j’ai juste trouvé cette course chiante à mourir et cette FOULE indisciplinée soûlante sous une chaleur écrasante.

J’ai terminé ce marathon sur une note mi figue-mi raisin à l’image du SMS que j’ai envoyé à mon frère « 3h58. Contente et déçue. Trop de monde. trop chaud ». Mais sa réponse était au top, lui qui m’a vu souffrir le martyr au semi et qui m’a aidé à finir.

marathon de paris the sporty family

Je ne sais pas encore ce que j’ai loupé dans ce marathon mais je suis contente d’avoir cette médaille. Paris c’est fait. Je laisse volontiers ma place l’année prochaine à celles et ceux qui y trouvent leur dose de magie.

Bravo à tous les finishers, quel que soit le chrono. Ce n’était pas facile avec cette FOULE et cette chaleur. 

Maintenant place à la récup et aux séances de natation pour préparer le triathlon comme il se doit.

Mon 1er marathon ou la magie de La Rochelle (Episode 4 : soins, alimentation, etc)

Je crois que j’aurais fait le tour de la préparation à ce marathon avec ce dernier article. Après le récit de l’avant course, celui de la course, l’article sur mon équipement sportif et diététique, parlons un peu du reste de la préparation. Je vais donc en profiter pour partager un peu de ma prépa côté alimentation avec mon expérience toute simple car je ne suis pas une pro dans ce domaine, la question du sommeil mais surtout la préparation de cet outil indispensable pour courir : NOS PIEDS.

Côté alimentation, je ne suis pas du tout une pro de la diététique. J’ai beau alimenter mon blog cuisine depuis 12 ans, je cuisine certes beaucoup et je suis une inconditionnelle du fait maison mais je ne m’alimente pas toujours très bien. La semaine au bureau il m’arrive fréquemment de sauter le déjeuner, je bois des litres de café et j’oublie souvent de boire pour m’hydrater. Mais avec l’entrainement intensif pour préparer ce marathon (3 à 4 sorties running par semaine, 1 à 2 séances de PPG dans ma salle de sport et la natation le mardi soir depuis septembre), la fatigue a commencé à s’installer, les cheveux à tomber, signe de certaines carences qu’il fallait corriger pour éviter les blessures. J’ai donc essayé de m’organiser pour mieux manger :

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  • Je suis incapable de manger le matin alors je me suis préparé des petits déjeuners à emporter pour les manger plus tard : du granola maison avec du fromage blanc ou un yaourt au soja dans ce petit pot, quelques fruits secs (abricots, amandes, noisettes) à grignoter quand j’avais faim pour éviter les gâteaux industriels.
  • J’ai repris ma vieille habitude du Green Smoothie ou smoothie vert à préparer le matin et pour pallier certaines carences, je les ai enrichis en spiruline. Je buvais un smoothie le matin et un plus tard vers 16h, en l’emportant avec moi dans un pot Mason.
  • Si vous avez une cantine d’entreprise, la question du déjeuner ne va pas forcément se poser. Ce n’est pas mon cas donc j’ai essayé d’anticiper au maximum les déjeuners en bureau en les préparant à l’avance pour arrêter de sauter ce repas. Pour ça, j’ai appliqué les principes du « Meal Prep » : j’ai préparé les menus pour la petite famille à l’avance et à partir en fonction du dîner je cuisinais un peu plus pour me préparer une lunchbox pour le lendemain. J’ai aussi beaucoup pioché dans les produits bruts déjà préparés (cuits mais non assaisonnés) comme les lentilles, les légumes surgelés à cuire à la vapeur, etc pour composer des lunchbox aussi variées que possible.
  • J’ai continué à boire mes litres de café jusqu’à 3 semaines avant le marathon où je n’en prenais plus dans l’après-midi.
  • J’ai emporté une bouteille d’eau avec moi au bureau tous les jours pour me forcer à boire régulièrement. Le fait d’avoir cette bouteille sous le nez fait qu’on n’oublie pas ou qu’on n’attend pas d’avoir soif (ce qui n’arrive pas forcément au bureau) pour boire.

Evidemment, je n’ai pas tenu ce programme sur toute la durée de la préparation physique mais j’ai fait attention au moins le dernier mois.
Les 10 derniers jours avant le marathon j’ai même essayé de suivre un plan d’alimentation assez précis où on fait le vide en glucides jusqu’à J-5 avant de refaire le plein sur les derniers jours.

Ce qui me connaissent savent que je suis une grande insomniaque. Je n’ai pas besoin de beaucoup d’heures de sommeil et je me réveille régulièrement vers 4h du matin sans arriver à me rendormir ensuite. Or, pour une course comme un marathon, le sommeil est d’une importance capitale pour se préparer, pour récupérer après chaque entrainement et un sommeil de qualité permet d’éviter les blessures (Patrick, un coach du club me l’a beaucoup répété).
J’ai donc essayé de lever le pied sur le café mais sans grand résultat. J’ai fini par me résoudre à me coucher un peu plus tard pour grappiller quelques heures avant de me réveiller définitivement. Si jamais vous avez des remèdes de grand-mère pour dormir, je prends. Mais ne négligez surtout pas ce paramètre « Sommeil » dans votre préparation.

Pour finir, un des points très important c’est aussi la préparation des PIEDS. J’avais en tête les photos des copains et copines après leurs marathons : des photos d’ampoules, d’ongles noirs, de pieds traumatisés par la course. Je voulais éviter ça au maximum.
J’ai donc d’abord commencé par faire attention aux chaussettes utilisées. J’avais zappé ce paramètre jusqu’à ce que je discute avec ma copine Sophie et une des athlète Diadora aux 20 km de Paris. Sophie avait une ampoule après sa course alors qu’elle n’en avait jamais eu. « La faute aux chaussettes » a dit cette athlète et c’était effectivement le seul paramètre que Sophie avait changé. Une fois la question des chaussettes réglée, j’ai commencé à chercher ce que je pouvais faire pour préparer mes pieds. Et je me suis souvenue de ce dépliant pris dans le cabinet de mon super podologue Jérôme Das Dores, coureur et ultra-traileur. Après avoir tout lu attentivement, j’ai suivi les conseils 3 semaines avant le marathon. Avec son accord, voici les conseils :

  • une visite chez le podologue 3 semaines avant l’échéance si besoin pour traiter les cors, calosités, etc, pour faire couper les ongles et avoir quelques conseils. J’avoue ne pas avoir fait cette visite car aucun problème de cors ou autre petit bobo. J’ai fait attention à couper mes ongles courts et sans angles avant la course.
  • Préparer la peau des pieds en la « tannant ». Pour ça, j’ai utilisé le produit Tano mais dans les conseils de Jérôme un simple citron suffit. Donc 3 semaines avant la course, il faut imbiber un coton de Tano ou de jus de citron et le passer sur l’ensemble de la plante du pied en remontant bien sur le dos du pied et sur les orteils, laisser sécher à l’air libre puis appliquer une crème Nok sur les pieds secs. Il faut bien masser pour faire pénétrer la crème, en évitant d’n mettre entre les orteils pour ne pas déclencher de mycoses ou autres joyeusetés dont on peut se passer.
  • Le Jour J, il faut appliquer généreusement de la crème NOK sur les pieds pour en avoir une bonne couche, enfiler les chaussettes par dessus et remettre de la crème sur les chaussettes ou dans les chaussures aux endroits stratégiques (là on où on attrape facilement des ampoules).

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J’ai suivi ses conseils à la lettre et j’ai terminé mon marathon sans aucun bobo sur les pieds alors qu’il m’est arrivé de terminer mes sorties longues avec des ampoules au niveau du gros orteil. Conseils validés, donc ! Merci Jérôme. Si vous cherchez un super podologue, spécialisé en podologie du sport, coureur et traileur, n’hésitez pas à le contacter de ma part :

Jérôme DAS DORES
227 rue de l’Ambassadeur
78700 Conflans-Sainte-Honorine
Tel : 01.39.72.41.58
jerome.das-dores.podo@orange.fr

Voilà, c’est à peu près tout. Ces différents articles donnent l’impression que j’ai été très méthodique, etc mais en réalité il y a eu beaucoup d’entorses au programme que je m’étais fait : des déjeuners avec un sandwich de la boulangerie ou des biscuits, du café à gogo, des nuits blanches à regarder des séries, etc. Mais je savais que je pouvais rattraper tout ça et c’est ce que j’ai essayé de faire les 10 derniers jours (ma copine Anne pourra en témoigner !).
Le vrai secret de la réussite d’un marathon c’est peut-être ça : bien connaitre ses capacités et ses limites, partir et rester sur ses bases et ne pas tenter de nouveautés dans la dernière ligne droite.

En tout cas, merci à tous pour vos encouragements avant et vos petits mots après ! Quelques jours après cette course, je commence à le réaliser : je suis marathonienne !

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